Aujourd’hui, nous célébrons Ashoura, le jour où Dieu a sauvé le prophète Moïse (paix sur lui) de son ennemi Pharaon. Dans la tradition prophétique, il est conseillé de le jeûner et il est promis à celui qui le jeûne l’absolution de l’année passée.
En célébrant cette victoire, nous célébrons réellement plusieurs victoires.
Celle du bien contre le mal, Pharaon incarnant l’une des plus grandes figures de la tyrannie.
Nous célébrons la patience. Le prophète Moïse a supporté ce tyran des années durant, sans flancher, sans céder sur aucun de ses principes malgré les menaces incessantes.
Nous célébrons la fraternité, quand Moïse demande à Dieu de lui accorder une bonne compagnie pour aller rencontrer Pharaon et qu’il sera accompagné par son frère.
Nous célébrons les sentiments humains qui font de nous ce que nous sommes, tels que la peur, quand Moïse dit à son Seigneur : « J’ai peur qu’il me tue, j’ai peur qu’il ne me croie pas », ou quand il demande à son Seigneur le soutien de son frère car il est plus éloquent que lui.
Nous célébrons la bonté récompensée, quand Moïse sert gracieusement les deux femmes autour du puits sans se rendre compte que l’une d’entre elles sera sa compagne pour la vie.
Nous célébrons la certitude (al-yaqîn) et la modestie contre le doute et l’arrogance, quand Moïse fait face aux sorciers. Et quelle sorcellerie ! Ils ont réussi à envoûter tout un peuple (comme si le passé nous rappelait notre présent). Moïse va avoir peur en voyant son bâton se transformer en un vrai serpent, mais il ne va jamais douter du sort que Dieu allait réserver à cette supercherie, qui se retournera finalement contre Pharaon quand ses sorciers seront les premiers croyants. Quel retournement de situation, quelle humiliation pour ce tyran arrogant devant tout son peuple !
Nous célébrons la remise entière à Dieu (tawakkul) quand Moïse quitte sa terre pour errer dans le désert, sans savoir qu’au bout du chemin l’attendait son destin. Il a fallu qu’il quitte le confort des palais pour retrouver sa mission de vie. Au bout de la route, il lèvera les mains et dira : « Seigneur, j’ai grand besoin du bien que Tu feras descendre vers moi » (Al-Qasas, v. 24). Dieu exaucera son vœu et une grande mission de bien débutera pour lui.
Finalement, Ashoura nous rappelle qu’il ne faut pas céder à la tyrannie, qu’il faut se remettre à Dieu, qu’il faut avoir le courage de quitter sa zone de confort, qu’il faut savoir dire non, qu’il faut rester ferme sur ses principes même s’il faut affronter le monde entier. Que l’aide de Dieu vient quand nous nous levons pour dire stop.
Durant cette journée d’Ashoura, nous célébrons la remise entière à Dieu quand rien ne va plus et que nous sommes acculés, dos au mur, profondément enfouis dans un puits, dans le ventre d’une baleine ou face à une mer déchaînée, avec un ennemi à nos trousses.
C’est dans ces situations d’extrême vulnérabilité, où nous avons l’impression d’être les plus faibles et les plus démunis, que nous sommes en vérité les plus proches de Dieu.
Nous n’avons plus que Lui comme soutien, aide et solution. Quand nous levons alors les mains pour l’implorer et le supplier, nous le faisons avec une telle sincérité que l’appel traverse les cieux et qu’il est alors entendu par Celui qui entend les soupirs, les murmures et les appels au secours.
Le prophète Moïse, face à la mer et face aux doutes de son peuple, ne sourcillera pas, ne doutera point, n’en flanchera pas. Confiant en son Seigneur, Bon, Clément et Miséricordieux, il dira une parole éternelle qui fera écho dans les cœurs de toutes celles et ceux qui traversent les épreuves : « J’ai avec moi mon Seigneur qui va me guider » (Ash-Shu‘arâ’, v. 62).
L’aide arrivera quand Dieu le décidera, mais une chose est certaine : elle arrivera.
Journal d’un TrekCoeur

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