Partie 1 – Quand la douleur devient un chemin
Nous quittons les montagnes pour redescendre vers la vallée.
Après avoir pleinement profité de la création de Dieu, une autre étape commence pour nous : celle du service.
Dieu est Miséricorde.
Il prend soin de Ses créatures comme nul autre ne peut le faire. Pour cela, Il choisit parfois certaines de Ses créatures pour devenir les vecteurs de Sa Rahma.
Tout au long de ce trek, nous avons vu ce principe se déployer sous nos yeux.
La blessure
Tout commença dans une vallée que nous traversions paisiblement.
Au moment de la pause déjeuner, je fis un faux mouvement.
La sanction fut immédiate.
Une lombalgie aiguë.
Impossible de grimper la montagne qui se dressait devant nous.
Je confiai mon sac à l’équipe technique, en prenant soin de conserver mes papiers, mon portefeuille et mon passeport.
Le groupe reprit sa marche.
Je restai en arrière avec mon ami Lahcen, notre cuisinier, dont le prénom signifie d’ailleurs « le bienfaisant ».
Nous avancions lentement.
Chaque pas arrachait une douleur.
Au début, je résistai.
Puis je finis par accepter.
Je me dis qu’il y avait certainement une sagesse divine derrière cette épreuve.
Je scrutais l’horizon à la recherche d’un signe, mais ne trouvais rien.
Seule la douleur me ramenait au moment présent.
La rencontre
Chemin faisant, Lahcen et moi échangeâmes sur la vie d’ici-bas et la vie dernière.
Nous parlions de confiance en Dieu et de cette conviction que Ses choix sont toujours meilleurs que les nôtres.
Au détour de la conversation, je lui racontai un projet mené lors d’un précédent trek : l’installation d’une pompe solaire dans un village isolé.
Je lui décrivis la générosité des donateurs et la rapidité avec laquelle la somme nécessaire avait été réunie.
Pendant que je parlais, une pensée insistante traversa mon cœur :
« Demande-lui s’il n’existe pas un projet qui aurait besoin d’un coup de main. »
Quelques instants plus tard, j’appris que son village, situé à environ soixante-quinze kilomètres de Marrakech, cherchait justement de l’aide pour terminer la construction de sa petite mosquée.
Mon cœur s’illumina.
Je lui demandai davantage de détails.
Très vite, une évidence s’imposa à moi :
Ce projet naîtrait de ce trek.
Et il en porterait le nom.
Trek Al Baraka.
La compréhension
C’est alors qu’un événement étonnant se produisit.
À l’instant même où cette intention prit naissance dans mon cœur, mon mal de dos disparut.
Brutalement.
Complètement.
Comme s’il n’avait jamais existé.
Quelques minutes plus tard, je retrouvai le reste du groupe qui avait déjà gravi la montagne.
Leur étonnement était visible.
Ils m’avaient laissé plié par la douleur.
Ils me retrouvaient debout et en pleine forme.
Au fond de moi, je souris.
Je crois que j’avais compris.
Depuis le début, je cherchais une réponse.
Je pensais la trouver dans les paysages, les montagnes ou les méditations.
Mais une autre réponse m’attendait.
Une de Ses Maisons avait besoin d’aide.
Et Il nous offrait la possibilité d’y contribuer.
Nous ne serions pas les auteurs de cette histoire.
Seulement les outils de Son dessein.
La future mosquée porterait, si Dieu le voulait, le nom d’Al Baraka.
Je repris la marche avec un cœur débordant de gratitude.
Gratitude pour la santé retrouvée.
Gratitude pour cette occasion de servir.
Gratitude surtout pour cette manière si subtile qu’a Dieu de faire se rencontrer les destinées.
Il est étonnant de voir, lorsque nous ouvrons les yeux de nos cœurs, les destins se croiser et comment Dieu nous met les uns au service des autres.
Journal d’un TrekCoeur

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