Épisode 2 – Dieu à l’œuvre : le puits d’Amine
- Je pensais chercher un projet pour une maman. Dieu avait déjà préparé la rencontre entre une maman, un village et un puits.
Lors de notre voyage à Tighza, je vous avais raconté l’histoire de cette maman qui a perdu son enfant et qui cherchait un moyen de lui offrir une sadaqa jariya, une aumône continue.
Elle souhaitait ainsi mettre en pratique cette parole du Prophète ﷺ :
« Lorsque le fils d’Adam meurt, son œuvre s’arrête sauf dans trois choses : une aumône continue, une science dont les gens tirent profit, ou un enfant pieux qui invoque en sa faveur. »
Je n’avais fait aucune promesse à cette maman.
Je lui avais simplement dit :
« Nous allons découvrir ce que Dieu a prévu pour vous et pour votre fils. »
Et nous avons laissé les choses venir…
Sur place, on m’avait d’abord parlé d’un projet de puits dans un village un peu éloigné. Mais les démarches administratives risquaient d’être longues.
Or, je sentais que cette maman avait besoin de trouver rapidement une œuvre concrète à offrir à son fils, quelque chose qui puisse aussi apporter un peu d’apaisement à son cœur.
Et puis, le lendemain…
Avec Ahmed, sur la route de l’école, nous passons devant un puits.
Il me raconte alors que leur association AWRIKT — un nom qui signifie « feuille », symbole de vie — a réussi à le creuser.
Et ce puits contient beaucoup d’eau.
Une eau qui pourrait apporter au village ce qui lui manque aujourd’hui.
Mais il y a un problème.
L’association n’a pas les moyens d’acheter la pompe, les panneaux solaires, les tuyaux et le matériel nécessaire à l’installation.
Le puits utilisé jusque-là, peu profond et creusé à la main, ne suffit pas à répondre aux besoins des habitants.
L’accès à l’eau peut être limité à une heure par jour, et il arrive même que le village reste jusqu’à deux jours sans eau.
Alors je pose à Ahmed LA question qui me brûle les lèvres :
« Si nous trouvons quelqu’un pour financer l’installation, combien de temps faudra-t-il pour faire monter l’eau jusqu’au château d’eau ? »
Sa réponse me laisse stupéfait :
« Deux à trois jours maximum. »
Deux ou trois jours…
Je lui demande immédiatement :
« Et le budget ? »
— « Je peux te l’avoir rapidement. »
Le lendemain, alors que nous sommes déjà sur le chemin du retour, son message arrive :
44 951 DH. Environ 4 300 €.
À cet instant précis, je n’ai absolument aucune idée de la somme que cette maman envisage de consacrer à la sadaqa jariya de son fils.
Mais étrangement, je reste confiant.
Une pensée m’accompagne :
C’est Dieu qui décide. Nous ne sommes que des instruments de Sa miséricorde.
Je retourne donc voir cette maman.
Je lui raconte tout.
Le puits.
L’eau.
Les habitants.
La pompe.
Les panneaux solaires.
Et surtout, je lui explique que si le financement est trouvé, l’eau pourrait arriver très rapidement.
Je vois alors la joie et l’émotion dans ses yeux.
Puis elle m’annonce la somme qu’elle souhaite donner :
51 700 DH.
Allahou Akbar…
Je réalise.
C’est plus que le montant nécessaire pour financer l’intégralité du projet.
Je lui demande alors :
« Et ce qui restera ? »
Sa réponse tombe presque naturellement :
« Donne-le pour la réhabilitation de la maison d’Aïcha. »
Et là…
Je ne sais plus vraiment quoi dire.
Parce que soudain, sous mes yeux, plusieurs histoires qui semblaient n’avoir aucun rapport entre elles viennent de se rejoindre.
Une maman et son enfant disparu.
Un puits rempli d’eau qui attendait simplement de pouvoir donner.
Un village qui en avait désespérément besoin.
Aïcha et sa maison qui attendait de pouvoir reprendre vie.
Des chemins différents.
Des besoins différents.
Des personnes qui ne se connaissaient pas.
Et pourtant…
Tout venait de se rejoindre.
À cet instant, j’ai eu le sentiment d’entrevoir quelque chose de la manière dont Dieu fait se rencontrer les destinées.
Aujourd’hui, un village peut retrouver l’eau.
Des familles peuvent espérer ne plus avoir à se demander chaque jour si elles pourront disposer de cette ressource si essentielle.
Les travaux de la maison d’Aïcha peuvent avancer.
Et quelque part, une maman peut déposer son cœur un peu plus sereinement en espérant avoir offert à son fils une œuvre dont les bienfaits continueront à vivre après lui.
Une eau qui coule.
Des familles qui boivent.
Une vie qui continue.
Et peut-être, par la grâce de Dieu, une récompense qui continue elle aussi de couler, goutte après goutte…
Alors mes yeux se remplissent de larmes.
Mais cette fois, ce sont des larmes de gratitude.
Merci Seigneur.
Merci pour Ta bonté et pour Ton amour envers Tes créatures.
Nous sommes tellement absorbés par nos vies que nous oublions parfois que Tu es là.
Tu as toujours été là.
Et Tu seras toujours là.
Merci Seigneur pour ces instants où Tu nous permets d’entrevoir ce que nos yeux ordinaires ne voient pas.
Ces instants où les chemins se croisent.
Où les cœurs se rencontrent.
Où celui qui donne reçoit peut-être bien davantage que celui à qui il donne.
Et où Tu nous permets simplement d’être là…
témoins de Ta Miséricorde.
Gloire à Toi.
Alhamdulillah. 🤲
Journal d’un TrekCoeur

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